Entree en matiere de Kindie:
"Le premier geste de l'Equateur envers moi a travers ce jeune homme du terminal de Machala, c'est cette belle rose que vous verrez sur une photo dans mes mains alors que j'admirais la composition magnifique qu'il etait en train de livrer. Oui, c'est ainsi que debutait mon histoire avec ce pays, melange de Nepal, pour sa nature verdoyante, et d'ile pour sa tranquilite et sa chaleur humaine. Comme je me sens bien ici! Moi qui n'attendais rien de ce "milieu du monde", je l'ai immediatement apprivoise. En me documentant sur son histoire, sa culture, sa cuisine,..., je decouvrais en plus a quel point l'Equateur est passionnant! Ce sera donc le dernier de ce grand tour, me disais-je, mais ce ne sera pas la derniere fois que j'y mettrai les pieds...!
Ce furent des kilometres et des kilometres de champs de bananes qui nous faisaient comprendre le surnom du pays: "la republique bananiere". Nous apprenions qu'a lui tout seul l'Equateur exportait autrefois plus de bananes que le reste du monde reuni! Il reste d'ailleurs le pays du monde qui en exporte le plus.
Nous arrivions donc enfin a Machala, le 9 juillet, pour embarquer tres vite dans un autre bus en direction de Zaruma, un petit village paisible de la sierra. Oui car l'Equateur offre bel et bien toutes les perspectives: les montagnes de la sierra, paysages luxuriants parfois surplombes d'un volcan, la cote ou l'on peut se regaler de "ceviche" et surfer et enfin la jungle amazonienne. Un veritable concentre d'Amerique du sud! Sans compter les Galapagos, a 2 pas: irons-nous, n'irons-nous pas? La question demeurait encore!
C'est sur un banc de Zaruma que nous prenions la decision, le lendemain, de reporter cette destination de reve a plus tard. Quitte a finir de casser notre tirelire, autant que ce soit pendant la bonne saison! En effet, actuellement, le climat n'est pas ideal et en plus c'est la saison touristique... Nous nous consolions en pensant que le fait de laisser notre porte-monnaie "reprendre un peu de souffle" nous permettrait d'aborder le retour plus sereinement. Enfin, cela nous donnait 3 semaines pour parcourir le pays, ce qui, en fait, n'est pas de trop.
L'eglise de Zaruma est une fantaisie artistique touchante. Cette ville est calme et on s'y sent en paix. Les gens sont simples, detendus et accueillants. Et si on s'arretait ici? Mais non, on plaisante! Kindie adore qu'on l'appelle "gringa" (etrangere) pour lui souhaiter la bienvenue. Guillaume retrouve cette chaleur humide qu'il aime tant et il devore des bananes en disant: "si je n'en mange pas ici..." Nous goutons aux specialites: bolon de mani (a base de bananes plantains et de cacahuetes), bolon de chicharron (a base de graisse de porc), bolon de queso (a base de fromage). Tout ceci est bien bon.
Nous avons une autre question a regler avant de poursuivre notre route: le 14 juillet, c'est la fete de notre pays, nous aimerions etre a l'ambassade de Quito pour l'evenement mais cela signifierait de changer l'itineraire que nous avions prevu. Toutefois, quand en 10 mois, on a fete l'anniversaire du roi de Thailande, le Tapati Rapa Nui (la plus grande fete du triangle polynesien), le grand carnaval de Rio, le Gran Poder (la plus grande fete de La Paz), et l'Inti Raymi (la plus grande fete du Perou), alors pour feter la France, on peut bien bouleverser ses plans! OK! Nous serons a Quito le 14, mais avant allons plus au sud pour ne pas avoir a descendre aussi bas apres la nouvelle boucle que nous envisageons.
Vilcabamba fut alors notre seconde destination, tout aussi paisible que la premiere. Cet endroit est appele la valle de la longevite; il parait qu'il s'y trouve les personnes les plus agees au monde.
Guillaume proposait une ballade a cheval qui fut un pur moment de bonheur. Nous avons beaucoup galope sur Otro (le cheval de Kindie, qui aimait aussi aller au trot, vous excuserez le jeu de mot trop tentant) et Laz (celui de Guigui) dans la belle nature des alentours. Pour le remettre de toutes ses emotions, Kindie suggerait un massage du dos a Guillaume qui pensait qu'effectivement, c'etait une excellente idee ;-) Quant a Kindie, elle avait droit a un soin visage complet, de 45 minutes, pour 5 dollars. "Mais si les filles, si j'vous le dis!" Certains sont en train de se demander pourquoi en dollars, n'est-ce pas? Car depuis septembre 2000, les equatoriens n'utilisent plus le sucre mais le dollar americain. A l'epoque le president avait pense que la dollarisation sortirait le pays d'une grave crise economique. En fait, cela a empire les choses si bien qu'aujourd'hui, entre 60 et 70% de la population equatorienne vit en dessous du seuil de pauvrete. Nous remarquions cela avec tristesse quand un monsieur, handicape mental, vetu de haillons, venait nous demander un "p'tit billet" pendant que nous nous apretions a boire un jus de tomate d'arbre (une espece qui d'ailleurs n'existe pas chez nous). Comme nous ne voulons pas donner d'argent, nous lui avons offert un jus et un repas qu'il a voulu mange assis par terre. Et puis, Guillaume a sorti sa chemise de son sac (celle qu'il avait dans la jungle amazonienne bresilienne) et la lui a offerte. "quand je dis que mon mari, il offrirait sa chemise" ;-)
Le lendemain, nous prenions la route pour Loja et sur le chemin, Guillaume s'est exclame: "Oh Kindie! J'ai vu notre p'tit bonhomme d'hier! Il avait ma chemise!"
A Loja, nous allions voir la Virgen de loja et la vue sur la ville. Apres cette ballade, nous visitions les eglises, toujours aussi fantaisistes et agreables et les parcs tranquilles de la ville, notamment le plus celebre, celui de la place Bolivar, le venezuelien qui libera le pays en 1822 du joug espagnol. Le midi, nous allions deguster une empanada de verde (a base de banane plantain verte et de poulet), una humita (petit pain a base de farine, de beurre, d'oeufs et de fromage) et un tamale (rouleau de mais farci de viandes ou de legumes).
Puis c'etait seance "pretty woman" pour Kindie. "Je ne vais quand meme pas debarquer a l'ambassade avec mes vetements de baroudeuse! Quoi que les tongues vertes du Bresil avec mon pantalon bolivien bleu et blanc a rayures et mon tee-shirt rouge de Thailande, ca peut p'tet le faire" ;-)
Le soir, nous mangions un quimbolito, la variante sucree de l'humita et puis cette nuit la, nous avons roule 12h jusqu'a la capitale. Le jour suivant, nous trouvions un hotel dans la vieille ville, classee au patrimoine mondial de l'UNESCO, et reglions encore quelques details vestimentaires...
Aujourd'hui, le 14 juillet, nous etions heureux d'aller celebrer la France a l'ambassade francaise de Quito. Il suffisait de montrer son passeport pour penetrer le lieu. Derriere nous, les gens parlaient castelliano et devant nous, il y avait le consul de Pologne. Nous faisions la queue pour saluer l'ambassadeur francais et son epouse. Ils ont dit etre heureux d'accueillir des voyageurs et l'ambassadeur nous felicitait de l'effort vestimentaire que nous avions fait. Guillaume a repondu avec un grand sourire: "surtout que nous voyageons depuis 11 mois et il va sans dire que notre tenue habituelle est bien differente!" La femme de l'ambassadeur a alors demande: "est-ce que vous faites un tour du monde?" En plein dans le mille, non, non, nous n'avons pas repondu cela, rassurez-vous ;-) Nous etions emus en entendant notre hymne et l'hymne equatorien (cf. videos). Le discours de l'ambassadeur etait tres beau. Il rappelait notamment que la fraternite est ce qui permait de faire avancer les peuples. D'ailleurs, disait-il, lors de la revolution de 1789, la prise de la Bastille que nous celebrons aujourd'hui, a pu avoir lieu parce que les forces de l'ordre avaient refuse d'empecher la foule d'avancer. Il terminait son discours en invitant l'assemblee a partager fraternellement la "comida" francaise. Nous retrouvions donc tarte a l'oignon, tarte aux epinards et au saumon, fromage, pain, salades composees, rillettes de thon, vin rouge, vin blanc et meme champagne! Nous faisions la rencontre de personnes tres interessantes, notamment d'un franco-chilien en mission en Equateur pour participer a la mise en place de moyens sophistiques pour la detection d'eruptions volcaniques de 2 volcans dont le fameux Cotopaxi, mais aussi d'une francaise de 70 ans qui consacre sa retraite a la lutte contre la malnutrition. Ce fut une belle journee aux couleurs de la France.
Enormes feux d'artifices a tous et que vive la FRANCE!
C'etait K et G en direct de Quito ;-) |